Télébocal, la chaîne des manifs parisiennes, lutte de nouveau pour sa survie

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TELEVISION La petite chaîne associative, qui a inspirée le film «Télé Gaucho», lance un appel aux dons pour faire face à la baisse des subventions de la région et continuer ainsi à battre le pavé… 

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Une subvention de 25.000 euros arrêtée par la région

Télébocal, suivi par 180.000 spectateurs réguliers, n’en est pas à son premier trou dans le budget. En février 2014, la chaîne avait lancé une campagne de dons pour sortir la tête de l’eau. C’était la première fois et il s’agissait déjà de trouver 5.000 euros. Cette fois-ci, Richard Sovied affiche une mine plus abattue. « Nous venons de prendre un sérieux coup, explique-t-il. Depuis 2009, nous bénéficions d’une subvention de 25.000 euros attribuée tous les trois ans par la région Ile-de-France. Nous pensions la voir tomber ces mois-ci. »

Elle ne viendra pas, la nouvelle majorité de droite à la tête du conseil régional ne l’a pas reconduite. « Télébocal a obtenu des aides dans le cadre de dispositifs précis, précise-t-on au cabinet de Valérie Pécresse. Celles-ci étaient limitées dans le temps et n’étaient pas reconduites automatiquement. Or aujourd’hui, nous devons faire face à une baisse de 140 millions d’euros de la dotation de l’Etat qui nous oblige à revoir très à la baisse nos subventions. »

Ce n’est pas le premier combat de Télébocal… loin de là. Depuis 1995, la petite chaîne de télévision associative, qui a inspiré le film Télé Gaucho, traîne sa caméra dans les manifestations parisiennes et retransmet le tout chaque soir, sur le canal 31 de la TNT, pour trois heures d’émissions qui démarrent à 23h.

« Trouver 5.000 euros au plus vite »

Couvrir les mouvements sociaux est devenu la spécialité de Télébocal. « Nous donnons la parole aux plus opprimés, aux plus faibles… les moins nombreux », résume Richard Sovied, le fondateur de la chaîne. Pêle-mêle, on trouve les prostitués, les réfugiés, les mal-logés, les homosexuels, les Nuit Deboutistes, les alter-mondialistes et, plus récemment, les anti-CETA

Mais cette fois-ci, le plus faible, c’est la chaîne elle-même. Télébocal a ses comptes dans le rouge et cherche au plus vite 5.000 euros pour parer au plus presss : « payer les deux salaires, régler le loyer. » Une souscription a été lancée il y a une quinzaine de jours. « Nous avons déjà récolté 1.800 euros, précise Richard Sovied. C’est bien, mais encore insuffisant. »

« Le lot de toute association »

Tout n’est pas noir pour autant. Télébocal pourra compter sur 2.000 euros de subventions de la mairie du 20e arrondissement où la chaîne a ses quartiers et où elle se montre très active. La somme aurait dû être versée en septembre. « Suite un couac, elle arrivera avec un peu de retard », promet-on au cabinet de Frédérique Calandra, la maire du 20e. Il faut aussi ajouter les 18.000 euros d’aides du ministère de la Culture qui ne devrait pas tarder à tomber. « Depuis deux ans aussi, Cécile Duflot nous attribue chaque année 10.000 euros au titre de sa réserve parlementaire », ajoute Richard Sovied qui se rattache alors au proverbe « jamais deux sans trois ».

Des petites bouffées d’air pour Télébocal mais qui ne sauve pas la mise de la chaîne parisienne pour autant. Elle doit trouver chaque année 80.000 euros pour boucler son budget dont la moitié sert à régler les droits de diffusion.

Richard Sovied se dit résigné : « Etre dans le rouge fait partie de la gestion normale d’une association aujourd’hui. Il faut faire la course aux subventions, mobiliser des bénévoles, faire appel aux dons… »

Ne pas laisser le champ libre aux chaînes d’information en continue

C’est fatiguant, mais Télébocal ne désarme pas pour autant. « Notre chaîne est utile au pluralisme de l’information », estime Richard Sovied qui ne veut pas laisser le champ libre aux chaînes d’informations en continue. Même pas à BFM Paris qui débarque le 7 novembre prochain avec de gros moyens. « Cette nouvelle chaîne fera la course à l’audimat comme les autres, prédit-il. C’est un mini-LCI en plus monstrueux peut-être. »

Télébocal dit se positionner à l’exact opposé, « libre de sa parole et libre de consacrer dix minutes à un sujet quand cela est nécessaire », martèle Richard Sovied. Le seul hic, c’est que cette ligne éditoriale n’est pas simple à tenir financièrement.